Proactivité

Bienvenue sur l'Auxiliaire virtuel. Le Forum, un instrument de communication qui se veut une source d'enrichissement !

Vous n'êtes pas identifié.

#1 10-10-2006 08:57:52

Nicole
Membre
Date d'inscription: 11-07-2006
Messages: 25

Pas que des ombres au tableau !

Durant le long week-end de l'Action de Grâces !
Il m'a été donné de vivre trois jours d'extrême vigilance auprès de ma mère à l'agonie. Elle avait décidé quelques jours auparavant de couper ses attaches terrestres pour nouer avec ailleurs.

France, l'infirmière en poste portait jugements, déversait son venin et alimentait les tensions auprès de certaines personnes soumises à son autorité, interprétant et transgressant le plan de soins de confort ordonné par le médecin. Elle a fait irruption dans la chambre à deux reprises, tentant d'alimenter et d'abreuver ma mère, recherchant des réflexes qu'elle n'a plus. S'en suivi, une agitation difficile à calmer.

Et que dire du sentiment de culpabilité qu'elle et d'autres personnes à sa suite venaient déposer au coeur de la relation fragile des membres de la famille réunis pour accompagner ces derniers instants de la vie.

Une attitude que je qualifie d’immature !  qui doit être dénoncée, parce que tel acharnement ne doit pas se répéter.
                                                   **********
Tous, autant que nous sommes, acceptons l'idée que les personnes âgées ne doivent pas être bafouées dans leur dignité et pourtant, que leurs réservent ces directions d'établissements de soins de longue durée ? en tant que les besoins et droits individuels sont en cause !

Comme pour donner raison à la croyance populaire... qu'un lot de souffrances marque la fin de la vie !

Partagez vos réactions et ce que vous vivez avec vos parents qui affrontent la mort ... destin commun !

2006 - http://proactivite.org/forum/viewtopic.php?id=11
2015 - Vivre avec la mort : Télé Québec http://www.telequebec.tv/de-garde-247/v … ec-la-mort
La personne, la famille, l'équipe d'intervention à l'hôpital!
                                                   **********                                               
Bien sûr, il y eut des heures plus tendres, plus calmes pour maman. Ces enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants venaient tour-à-tour dire leur reconnaissance, rappeler quelques souvenirs marquants et lui faire des adieux.

Un clin d'oeil remarqué et remarquable de Thérèse, une infirmière qui s'est révélée avoir toutes les qualités nécessaires pour occuper son poste d'infirmière soignante : maturité et compétence doublée d’une expérience suffisante pour affronter, avec l'attitude juste, la souffrance psychologique et affective qui s'est révélée à nous, tout au long de ces heures et de ces jours de présence et d'attention qui soulignaient notre attachement à notre mère.

Après avoir énoncé les besoins de la famille, en ces circonstances, le voici le clin d'oeil de Thérèse. J'avais l'habitude, tous les dimanches d'arriver auprès de maman, chantant : C'est aujourd'hui dimanche, tient ma jolie maman, voici des roses blanches, toi qui les aimes tant...  Maman était réjouie et me disait : j'aimerais que tu l'apprennes cette chanson, je voudrais l'entendre tout au long.

Ce dimanche, dès que le jour s'est levé, je l'ai entourée de mes bras et lui ai chanté ces quelques mots à l'oreille.  Je me suis rappelée de sa demande à laquelle je n'avais pas donné suite et lui ai avoué, ne pas avoir pris le temps.

L'écoute attentive de Thérèse a permis que le jour même, dans le grand salon, cet air soit joué au piano, par une résidente. Les sons de cette mélodie connue sont arrivés aux oreilles de maman.

Le lendemain, j'ai retrouvé sur la table de chevet les paroles de cette chanson, protégées par une enveloppe transparente. Avant l'heure du dîner, Thérèse a repris le scénario : elle s'est assise sur le banc du piano avec la dame âgée qui joue par oreille et elles ont repris cet air alors que dans la chambre, ma soeur Céline et moi chantions les paroles de cette chanson témoignant de notre amour pour maman !

Un réel moment de grâce !
                                                   **********
Deux jours plus tard, elle tirait sa révérence !

Malade parmi les malades, aux limites de ses forces, elle a témoigné au nom de toutes les personnes humaines usées par l'âge. Elle a rendu l'Âme !

Nicole Goulet

Une histoire crève-cœur de @Philippetei - Jeûner pour mourir | sur Twitter https://twitter.com/katiagagnon/status/ … 7621128193

http://proactivite.org/forum/viewtopic.php?id=51

Dernière modification par Nicole (10-10-2006 17:01:19)

Hors ligne

 

#2 06-02-2007 08:23:54

admin
Administrateur
Date d'inscription: 04-05-2006
Messages: 1126

Re: Pas que des ombres au tableau !

Pourquoi l'acharnement ou cette apparence d'acharnement ?

Nous présentons le résultat d'une étude menée par Norma POIRIER de l’Université de Moncton sur le sujet.
Le titre de sa présentation au Congrès de l’ACFAS : « Pourquoi les médecins font-ils de l'acharnement thérapeutique ? »

L'acharnement thérapeutique des médecins auprès des personnes atteintes de maladie terminale amène souvent les infirmières à poser la question suivante : pourquoi les médecins refusent-ils de respecter la volonté des patients atteints de maladie terminale qui refusent tout traitement ?

Plusieurs explications ont été offertes à cette question :
- la crainte des médecins des poursuites civiles ou pénales;
- leurs valeurs religieuses;
- les valeurs propres à la profession médicale.

L'auteure a fait des interviews approfondies avec 25 médecins spécialistes en soins intensifs et palliatifs dans le but de comprendre pourquoi ils refusent de respecter la volonté de leurs patients de ne pas être traités. Les interviews ont été soumises à une analyse de contenu.

La thèse de l'influence primordiale des valeurs de la profession médicale est retenue comme explication partielle au phénomène de l'acharnement thérapeutique. Cette conclusion a des conséquences sur les politiques sociales, en ce sens qu'il ne suffit pas de changer les lois pour obtenir des médecins qu'ils respectent la volonté de leurs patients. Un travail d'éducation sur les valeurs propres à la profession médicale, travail entrepris par la profession elle-même, est nécessaire pour que se manifestent chez les médecins des changements d'attitude et de comportement.

UN SON DE CLOCHE QUI AJOUTE À NOTRE RÉFLEXION !!!

Poursuivons notre réflexion avec Jean Ziegler un sociologue de qui l'on dit qu'il avait la volonté d'informer sur des sujets sensibles...
Dans les vivants et la mort
« Dans notre société marchande, l’agonisant n’est plus qu’un homme‐objet qui s’achemine graduellement vers la dysfonctionnalité totale et qui, de déchéance en déchéance, va vers le néant social ou, ce qui est pire, vers cet état ultime où il devient un simple obstacle, une charge refusée, une contradiction inassumée du processus régnant de socialisation et des hommes qui l’incarnent. » Il nous offre cette autre réflexion ... : « A l’hôpital, le mourant est un gêneur. Puisque la mort elle‐même est occultée, masquée, évacuée et puisque sur elle se fixe l’ensemble des valeurs négatives de la société, l’agonie ne peut pas avoir de statut autonome. À plus forte raison, elle ne peut pas être sacralisée, valorisée. »

Quelle attitude devons-nous avoir devant la mort ?
Il y a bien l'émergence des soins palliatifs qui viennent au mieux soulager la douleur tout en donnant toute la place aux proches.
Avant cette étape, la prise de décision... les professionnels de la santé sont divisés.
Aider à un processus de décision, c'est bien la préoccupation de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont http://biblio.hmr.qc.ca/Publications_pd … dge007.pdf

Nicole Goulet

Hors ligne

 

Pied de page des forums

Propulsé par PunBB